Sous la direction de Joao Da Rocha, Manon Julian Santiago et Bastien Mouchet, Paris, Classiques Garnier, 2025, 26€

L’ouvrage est remarquable, il s’agit des actes du colloque sur « Les formes du comique dans l’œuvre de Blaise Cendrars », organisé à Lyon 2 les 8 et 9 juin 2023. Le comique de Cendrars n’avait pas encore été exploré avec cette pénétration. Dès l’introduction, les responsables de la publication nous plongent dans la complexité de l’écrivain et de sa vision grotesque du monde. Une première partie évoque en particulier le rôle « matriciel du cinéma de Chaplin » avec Elodie Hachet. Une deuxième partie explique comment le rire peut naître de la guerre comme « manifestation du ludisme » chez cet ironiste dénonciateur satirique de la propagande. L’analyse de Nicolas Bianchi incite à relire La main coupée (écrit en 1946 ) où se manifeste une haine profonde de la guerre (la première où il fut engagé volontaire dans la Légion et où il perdit sa main droite, puis la seconde où il fut correspondant de guerre) ; avec cet ouvrage, les absurdités définitive de la désorganisation militaire convoquent l’étrange défaite de Marc Bloch (écrit en 1940).

La troisième partie aborde la créativité poétique des expressions humoristiques avec une compétence qui n’éteint pas leur force risible. Claude Leroy, éminent spécialiste de l’auteur offre un magnifique portrait de celui-ci dans la quatrième partie avec un « Cendrars Humoresque. Sous le signe de Janus », d’où nous retenons la réponse de Cendrars au questionnaire de Proust : « L’humour poétique, […] est l’art d’éclater de rire en plein pathétique »

Les contributions témoignent toutes de l’importance fondamentale du motif du rire et de l’impossible saisie de celui-ci dans sa totalité chez un auteur tel que Cendrars.

« Cet ouvrage montre comment le motif du rire traverse l’œuvre de Blaise Cendrars. La première partie s’intéresse à sa spectacularisation, la deuxième fait dialoguer dérision et violence guerrière, la troisième traite des liens entre comique et poésie, et la dernière interroge l’efficacité des rires. » (présentation éditoriale)

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